ILS FONT L’EXPÉRIENCE DE MOTOCO

(article de Sandrine Bavard paru dans le Journal des Spectacles de décembre 2013 • www.jds.fr)
Ils sont Suisses, Français, Allemands. Ils sont artistes, artisans, entrepreneurs. Ils ont investi le bâtiment 75 à DMC pour réhabiliter cette friche gigantesque et profiter d’une ruche créative hors du commun. Avec le sentiment que ça se passe ici et maintenant, à motoco.
1. Barbara Schnetzler, envie de poussière

« J’avais un atelier à Bâle, mais c’est beaucoup plus pratique ici, parce que je peux travailler dehors pour mes très grandes sculptures. On ne peut pas trouver un lieu comme ça en Suisse. Car tout est trop structuré au niveau culturel, trop propre et donc moins créatif. Ici, on est beaucoup plus libre. Je peux faire de la poussière ! J’aime aussi l’idée d’être dans un triangle de trois pays, de rencontrer d’autres artistes et d’autres cultures. Ce sont des gens que je ne connais pas encore, avec qui on doit créer un espace à vivre, donc c’est un processus social très intéressant. »

2. Denis Scheubel, apprenti sauvage

« Ça ouvre des horizons d’être dans cet atelier. Je peux peindre un truc sur 20 m2, je peux utiliser comme support une baignoire, faire des trucs invendables, pas des trucs qui vont finir en déco sur la cheminée ou chez le cabinet du dentiste. En plus, j’aime bien travailler par deux : en ce moment, j’ai cette toile hyper colorée qui peut me donner mal à la tête à force de la regarder, donc je fais une seconde toile beaucoup plus épurée en parallèle. Et rien ne se perd : ce qui a servi de palette hier servira de toile de fond le lendemain. Ici, on peut réapprendre la sauvagerie. »

3. Irakli Chkhartisthvili, esprit fantasque

Nul ne sait comment il est arrivé là, mais on sait qu’il y arrive parfois en cheval depuis Rixheim. Irakli Chkhartisthvili, artiste géorgien, dessine une fresque à la craie qui recouvre entièrement les murs d’un minuscule abri qui du coup prend des airs de chapelle. « Ici, c’est mon cheval Esteban, là, mon chien Cookie. Je représente des choses personnelles, des choses plus symboliques, un peu de philosophie soufie. Je travaille à la craie parce que c’est un matériau très rapide, qui n’a pas besoin de sécher et il y a beaucoup d’humidité ici. » Il nous tend sa craie. On ne voudrait pas ruiner son travail : « Vas-y ! Pas de problème ! Toute aventure est une fantaisie ! ».

4. Dominik Grob

« Fakt, notre projet à Bâle avec Jonas Stirnmann, combine art et musique. Ici, on veut faire des sessions unplugged avec un groupe de Bâle et de France, dans cette atmosphère industrielle. Elles seront filmées par des étudiants d’Offenburg et pourraient servir de prototype pour une émission télé. On a aussi un projet de festival de musique avec arts de la rue et expositions pour cet été avec l’association Zone libre. Ce qui est bien ici, c’est que le loyer n’est pas cher, donc on peut se consacrer totalement à l’artistique, prendre son temps pour présenter des choses très abouties. C’est comme une fleur qu’on laisserait s’épanouir. »

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