MOTOCO À DMC : LE LIEU DE TOUS LES POSSIBLES

(article de Sandrine Bavard paru dans le Journal des Spectacles de décembre 2013 • www.jds.fr)

Au rez-de-chaussé, un bar permet aux membres de Motoco d'échanger sur leurs projets

Au rez-de-chaussé, un bar permet aux membres de Motoco d’échanger sur leurs projets
Ils sont Suisses, Français, Allemands. Ils sont artistes, artisans, entrepreneurs. Ils ont investi le bâtiment 75 à DMC pour réhabiliter cette friche gigantesque et profiter d’une ruche créative hors du commun. Avec le sentiment que ça se passe ici et maintenant, à Motoco.

On avait donné rendez-vous à Jean-Luc Wertenschlag, président de l’association Old School et l’un des sept membres fondateur de Motoco à DMC. Il a lui-même convié Barbara Zegarac, présidente de l’association Zone libre qui fait dans la création musicale, et dans le design textile et publicitaire. Car avec Motoco, c’est le collectif qui prime, une somme d’individus enthousiastes au service d’un projet plus grand qu’eux, qui aurait pour finalité de « défricher une friche » : « Ca me rappelle la naissance du Noumatrouff, mais puissance 1000, avec un terrain de jeu beaucoup plus grand : 10 ha de friche industrielle où tout est possible ! Il n’y a aucune limite si ce n’est celle de notre imagination », confie Jean-Luc Wertenschlag. « Il y a une telle effervescence ici : il y a plus d’une centaine d’artistes sur liste d’attente. Et dès que les gens arrivent ici, la magie opère, l’enthousiasme se transmet, et ils ressortent enchantés par le projet », poursuit Barbara Zegarac.

Penser l’avenir et réhabiliter le site

Motoco, pour « more to come », promet tellement à venir… Officiellement, c’est un laboratoire d’idées pour le design post-industriel. Concrètement, ce sont des ateliers loués par des créateurs français, suisses et allemands dans tous les domaines (peinture, photo, vidéo, informatique, design, musique, etc.). Quotidiennement, les idées fusent et prennent corps pour penser l’avenir sur le site de DMC, autant d’idées qui pourront peut-être servir ailleurs : « Il y a plein de choses que l’on ne sait pas et c’est ce qui est bien : on va vers l’inconnu avec plaisir. L’esprit de ce projet est de préserver l’état brut et l’âme de ce bâtiment. On invente au fur à mesure et à tous les niveaux, comme pour le chauffage et l’aménagement, car on refuse de chauffer 10 000m2 avec 6 m de plafond pour quelques personnes. On a conçu des cubes aménagés pour voir si l’on peut créer des espaces habitables au milieu de ces immenses espaces. On réfléchit à des solutions alternatives, comme chauffer les sièges plutôt que perdre la chaleur en l’air », énumère Jean-Luc Wertenschlag.

« Une chance pour tous »

En quelques mois à peine, une communauté est née, inventive et prolifique. Au rez-de-chaussée, les radios mulhousiennes, Radio Campus et NME, se sont installées dans un studio commun. Au premier, l’association suisse Fakt a aménagé une scène de concert, un bar et un bel espace à vivre. Au second, on attend un projet allemand, Besessen & Erleuchtet, qui décore des meubles et accessoires avec des pochoirs. « Ce qui est bien avec ce projet, c’est qu’il laisse une chance à tous. Il y a des gens qui sont déjà établis dans leur domaine et des gens qui débutent, et il y a une vraie transmission d’idées, d’expériences, pour qu’on avance ensemble », indique Barbara Zegarac.

Faire bouger la ville

Motoco, c’est aussi une forte fibre artistique, à même de proposer des événements culturels pour faire bouger la ville. Tous les premiers dimanches du mois, l’association organise des portes ouvertes avec quelques surprises à la clé : pour le 1er décembre, le photographe Dom Poirier a eu l’idée d’un mobile version DMC, donc version géante, où seront suspendus des objets provenant des créateurs sur place.

L’association Epistrophe qui invite chaque mois un artiste à réaliser une fresque rue de la Moselle à Mulhouse, l’invite aussi à laisser une trace de son passage à DMC.L’association Zone libre et Fakt pensent déjà à organiser un festival de musique l’été prochain. Les photographes sur le site planchent sur une exposition pour fêter la première année de Motoco en octobre prochain. « Le souci, c’est plutôt de canaliser toutes ces énergies et ces idées », conclut tout sourire Barbara Zegarac.

Voir aussi les témoignages des membres de Motoco

Une fresque, mêlant azulejo portugais et Indiennes mulhousiennes, de l'artiste Add Fuel
Une fresque, mêlant azulejo portugais et Indiennes mulhousiennes, de l’artiste Add Fuel
Motoco ouvre ses portes au public tous les premiers dimanches du mois : n’hésitez pas à découvrir cette ruche créative de 10 000m2!
Motoco ouvre ses portes au public tous les premiers dimanches du mois : n’hésitez pas à découvrir cette ruche créative de 10.000m2 !

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