L’AGRANDISSEUR

Créée à Mulhouse en novembre 2010, l’association l’Agrandisseur organise des expositions, des conférences, des rencontres et workshop avec des photographes et des théoriciens de l’image. L’association impulse un questionnement sur le médium photographique, ses transformations et ses usages dans le champ de l’art contemporain. Son activité principale est l’organisation de la Biennale de la Photographie de Mulhouse, dont la programmation soutient et diffuse les pratiques photographiques au sein de l’art contemporain, avec une vocation internationale et une volonté de montrer des talents émergents. La situation géographique de Mulhouse, ville frontalière est à l’origine d’une programmation en partie consacrée à des photographes vivants dans le territoire du Rhin supérieur, suisses ou allemands.

 La Biennale de la photographie de Mulhouse c’est : 

- Un temps fort et fédérateur pour découvrir la photographie contemporaine

- Des expositions d’artistes internationaux qui se déploient dans différents lieux culturels mulhousiens 

- Des installations in situ, un programme de projections, des rencontres avec les photographes

- Des ateliers d’éducation à l’image auprès des habitants des quartiers et de la jeunesse

La prochaine édition de la Biennale de la photographie de Mulhouse aura lieu entre juin et septembre 2016. En dehors de ce temps forts, des expositions sont régulièrement organisées.

L'Agrandisseur fédère des énergies autour de la photographie contemporaine, l'association est soutenue par la Ville de Mulhouse, la DRAC, l'ACSE (pour ses ateliers), membre du réseau Versant Est. L'Agrandisseur a pour partenaire  le Musée des Beaux-Arts, Mulhouse Art Contemporain,  la HEAR - Haute Ecole des Arts du Rhin, La Filature -scène nationale, Les Bibliothèques /médiathèques, La galerie Hors Champs,  T66 et L6 Freiburg. Partenaire presse : NOVO et CAMERA INTERNATIONALE.

Isabelle Le Minh, Lointain si proche Lointain si proche, made in China, After Alighero e Boetti (camera bodies) Huiles sur toile  80 x100 cm  (2012)
Isabelle Le Minh, Lointain si proche, huile sur toile (2012)


L’une des caractéristiques de la photographie à l’ère numérique est l’usage de processus post-photographiques. Les artistes jouent et rejouent avec des photographies déjà existantes, les leurs ou celles des autres. Il est courant de « rebattre les cartes de son œuvre », de s’approprier des images connues ou anonymes pour en déplacer la signification, ou encore rendre compte de projets utopiques. Avec cette première édition ce sont les enjeux mêmes du médium photographique qui sont interrogés au sein de pratiques émergentes. Play & Replay met en jeu les notions de circulation des images, mais aussi de partages, d’échanges et de découvertes.

La Biennale de la photographie de Mulhouse 2013 présente les expositions et performances de Dorothée Baumann (CH), Isabelle Le Minh (FR), Cristina de Middel (ES), Michel François (BE), Nathalie Wolff (FR) et Matthias Bumiller (DE), Laura Martin (FR) et Marie Quéau (FR). Des soirées de projections permettront de découvrir des photographes prometteurs ou déjà confirmés, parmi eux, Joachim Schmid, le collectif Exp12 (DE) et les étudiants de la HEAR -Haute école des arts du Rhin.

H.Ziegler, L’homme à la montre, portrait de Gaspard Ziegler, 1841 Daguerréotype
H.Ziegler, L’homme à la montre, portrait de Gaspard Ziegler, 1841 Daguerréotype

Du 15 septembre au 10 novembre 2012, le Musée des Beaux-Arts de Mulhouse présente l’exposition Les temps satellites. Proposée par l’association L’agrandisseur et imaginée par Anne Immelé, cette exposition invite à une réflexion sur la notion de temps inhérente au travail photographique.

Depuis son invention, des perceptions et des interprétations liées au temps gravitent autour de la photographie, tant ce medium instaure une relation particulière à l’éphémère et à l’immuable. Ce sont ces temps satellites que l’exposition met en évidence. Le rapport au temps se noue lors de la prise de vue mais aussi dans la mise en relation de photographies. Par la mise en regard de photographies du 19e siècle et de photographies contemporaines, l’exposition confronte des esthétiques photographiques qui peuvent se rejoindre et se répondre, indépendamment d’un regard historique, à partir de quatre thématiques liées aux temporalités de la photographie.

L’exposition a pour point de départ un daguerréotype réalisé en 1841 à Mulhouse par Henri Ziegler, conservé au Musée Historique de Mulhouse. Utilisant une invention divulguée deux années auparavant, ce portrait, intitulé Portrait à la montre de Gaspard Ziegler, a la particularité de montrer un jeune homme souriant, tenant une montre dont on distingue les aiguilles. La montre dont le temps s’est arrêté est naturellement une mise en abîme de la photographie. Cette image est un moment suspendu, qui, depuis 1841, nous montre la même heure, invariablement, un instant qui n’en finit pas.

A l’instar de Raymonde April et de François Deladerrière, artistes invités, les photographes réunis proposent une expérience du passage du temps ou de la durée, à partir d’une esthétique de l’instant et de l’immobilité vive. L’expérience de vie et le rapport au monde sont au cœur de leurs œuvres, si bien que leurs photographies sont autant de témoignages de leur manière d’habiter le monde.

Structurée à partir de quatre thématiques transversales, l’exposition impulse une réflexion sur les différents enjeux et usages de la photographie en proposant un agencement d’images de périodes et mouvements artistiques hétérogènes, tout en veillant à ce que s’installe un dialogue entre les photographies contemporaines et les « incunables ».

Christian Knorr, Street Views (2010-2014)
Christian Knorr, Street Views (2010-2014)

Les coulisses du paysage urbain /  Approches photographiques

Urbane Landschaftskulissen /  Fotografische Annäherungen 

Sabine Clochey  /  Simone Demandt / Pierre Filliquet / Christian Knörr / Gauthier Sibillat / Pierre Soignon / Florian Tiedje

27 juin-3 aout 2014, Kunsthaus L6, Freiburg, programmé avec T66.

Cette première collaboration entre la Biennale de la photographie de Mulhouse, T66 et L6, donne lieu à une exposition d’artistes issus de la Région des 3 frontières (France-Allemagne et Suisse) se questionnant sur ce qui constitue le paysage urbain. Les oeuvres réunies interrogent les modalités propres au paysage de ville, elles ont pour point commun de décrypter le visible autant que de le construire et de l’inventer.

En 1967, Michel Foucault écrit que certains espaces sont animés par une «sourde sacralisation ». Ces espaces sont déterminés par des oppositions, comme entre le public et le privé, l’espace familial et social, l’espace du travail et celui des loisirs.  Photographier les coulisses du paysage urbain, c’est se questionner sur notre société en explorant l’inconscient de la ville, en arpentant les passages et les abords, en montrant et mettant en scène des relations hétérotopes et des interstices. Le paysage revêt ici différentes formes. Il peut se passer de ligne d’horizon et n’est pas nécessairement un fragment de nature, mais peut tout aussi bien être découvert dans la sphère privée ou dans la confrontation entre différentes architectures.

Anlass dieser ersten Zusammenarbeit zwischen der Biennale der Fotografie Mulhouse, T66 und L6 ist eine Ausstellung von Künstlern aus dem Dreiländereck (Frankreich, Deutschland und Schweiz). Diese stellen die Frage, worin die urbane Landschaft besteht. Die zusammengetragenen Werke hinterfragen die der Stadtlandschaft eigenen Modalitäten. Ihnen ist gemeinsam, dass sie sowohl das Sichtbare entschlüsseln, als auch es aufbauen und erfinden.

Im Jahr 1967 schreibt Michel Foucault, manche Räume seien durch eine « stumme Sakralisierung » gekennzeichnet. Diese Räume sind durch Entgegensetzungen bestimmt, wie etwa zwischen Privat und Öffentlich, Familie und Gesellschaft, Arbeit und Freizeit.

Die Kulissen des urbanen Raums zu fotografieren bedeutet, über unsere Gesellschaft nachzudenken : das Unbewusste der Stadt zu erforschen, die Durchgänge und die unmittelbare Umgebung zu durchmessen, heterotope Beziehungsgeflechte und Zwischenräume zu zeigen bzw. zu inszenieren. Die Landschaft taucht hier immer wieder in veränderter Form auf. Sie muss keine Horizontlinie enthalten oder ein geschauter Naturausschnitt sein, sondern kann genauso in privaten Ordnungen von Hausrat oder im Aufeinandertreffen von verschiedenen Architekturen entdeckt werden.

Zero Rankine
Zero Rankine (2014), dimension variable. Verre teintés, néons.

Galerie Hors Champs, Mulhouse du 12 septembre au 19 octobre 2014

Exposition programmée et produite avec Mulhouse art Contemporain

« Le monde que Sylvain Couzinet-Jacques photographie est hostile et en déclin. Ses photographies montrent des zones abandonnées, des périphéries de villes endettées, qui sont autant de symptômes d’une ère post-industrielle sur laquelle plane l'ombre de la destruction. Ses images assombries apparaissent telles des chimères, elles génèrent de l’incertitude et une intranquillité, l’on ne sait si l’on est avant ou après la catastrophe, ni de laquelle il s’agit.

Le zero Rankine, température la plus basse qui puisse exister, est un zéro absolu. Cette température (-273,15 ° Celcius) n’existe pas sur terre, elle évoque un monde inhabitable. Le froid c’est aussi la glaciation qui immobilise, fige. Ce processus est rejoué dans l’image photographique, le temps y est « gelé » ; c’est cet état de stase qui est recherché par l’artiste.

Sylvain Couzinet-Jacques articule ses photographies à partir de phénomènes de transformations et de réactions qui permettent la survie : températures, lumières et résistances des matériaux à la destruction.

L’installation joue des codes de l’exposition, l’emplacement habituel des éclairages a été modifié pour donner une visibilité à la lumière dans sa physicalité. Les photographies de la série STANDARDS&POORS (2013-2014) sont protégées de la lumière UV par des verres teintés, mais cela les plonge dans une quasi-obscurité. Nécessaire à la vie et au processus photographique, la lumière peut aussi être violente et nocive, elle participe ici à une mise en scène du déclin, de la catastrophe.

ZERO RANKINE (2014), réalisée in situ, est la pièce centrale de l’exposition. Cet agencement de verres teintés fabriqués sur mesure de manière industrielle est posé au sol, tel un chantier en train de se faire. Les photographies imprimées sur papier thermique, sont au sol, laissées là, gisantes. La tension est palpable entre l’éclat et l’assombrissement, entre le précieux et le rebut. Ces enjeux sont aussi présents dans SKULL (2014), un parpaing - fragment de ruine pavillonnaire - érigé au statut d’oeuvre muséale et acquérant une dimension de memento mori.

PLANTS I et II (2014) sérigraphies avec encres photochimiques se déclinent en deux versions. Cette oeuvre dytique dont l’un des éléments est à emporter, peut être activée lorsqu’elle est exposée aux rayons du soleil. Le spectateur peut alors donner une visibilité, une vie éphémère à cette image en sursis. » Anne Immelé, commissaire de l’exposition.