Ouissem MOALLA

 Le principal objectif de ma production artistique repose sur l’interaction entre l’œuvre et le public. Je cherche à captiver le spectateur sans forcément le stimuler et le séduire par des aspects sensoriels. Mon travail est une recherche constante d’une dimension plus profonde qui agit avant que la perception des sens n’influence le jugement du spectateur.

Ma recherche se concentre fondamentalement sur la relation entre l’artiste et son œuvre. Partant du postulat qu’une production est imprégnée de l’attention de l’artiste, ce dernier se doit alors de la maîtriser, de l’étudier afin d’en user avec précision lorsqu’il opère. Je me suis intéressé aux sujets qui composent le monde en cherchant à les voir comme support, contenant d’une énergie, d’un principe actif. Les choses prennent une dimension supplémentaire, ils deviennent comme un galet noir posé sur une banquise un jour ensoleillé. Celui-là accumule non seulement l’énergie solaire (analogue de l’attention), mais agis également à son tour en diffusant cette énergie dans sa périphérie. Là où elle est placée, l’œuvre agit sur le public instantanément.

Face à la multitude d’éléments qui composent le monde, j’ai cherché à encadrer mon étude en me concentrant sur les fondamentaux. Ainsi je me suis intéressé aux nombres comme langage de recherche, en tissant entre eux les sujets extérieurs par raisonnement analogique. De même qu’un nombre s’associe facilement à une forme géométrique, il peut en être de même avec une couleur, une lettre ou un parfum. C’est un système qui se construit au fur et à mesure de mes découvertes personnelles semblable à une base de données dans un système informatique, une synesthésie virtuelle ou une science individuelle. Là où ma recherche trouve réponse à ma problématique c’est lorsque les nombres s’associent à des émotions et des notions. Ainsi une telle forme ou une telle couleur devient un contenant idéal pour une certaine émotion, sentiment, idée plutôt que d’autres supports, qui ne transmettrons pas le message voulut au maximum de son potentiel.

A partir de ces systèmes d’association intuitive on peut composer mais aussi décomposer l’existant, tel un chimiste qui à travers sa science cherche à sonder le monde. Ce processus est l’image de ma volonté de traduire le monde par un langage minimal qui per­met de l’interpréter sous un angle abstrait mais qui se situe quelque part, dans une logique cohérente et ordonnée.